Ethique associative en péril ...

L’association de solidarité est, avant tout, un engagement humain et humaniste.  Elle est un creuset de la démocratie faisant l’interface entre le citoyen et le politique. Elle est l'expression vivante des grands principes républicains (Fraternité, égalité, solidarité, laicité, liberté, respect, dignité, etc.)... A ce titre, elle se doit d'étre exemplaire et fidéle à ces valeurs partagées par l'ensemble du mouvement associatif.

Une association n'existe que par son objet social et par son cadre éthique qui fédère l'ensemble de ses acteurs. Dés qu'elle oublie ce fondement, elle s'oublie. L'association devient alors institution, elle cherche à se développer pour se développer - elle s'épend, souvent au rythme de l'ego de son dirigeant - elle s'asservit au chiffre d'affaire - elle s'instrumentalise, sûre de sa technicité, au détriment de ses racines politiques.   Elle perd son âme...

Il est d'ailleurs courant que les techniciens confondent alors dirigeance et gouvernance et, par exemple, déposent des projets sans avoir préalablement consulté les instances politiques de l'association qui deviennent peu à peu des enveloppes vides, quand elles se réunissent encore... Sur la base de ces positionnements, gageons que le temps n'est peut-étre plus trop éloigné où les financeurs nous considéreront uniquement comme des prestataires !

Dans le contexte qui est aujourd'hui le notre, avec des difficultés financières grandissantes, la tentation est encore plus grande d'avaler le petit, de s'implanter sur le territoire du voisin sans aucune concertation, de répondre à des appels à projets sans lien avec son objet et ses compétences, de s'inscire résolument dans une dynamique de concurrence déloyale, de tirer toute la couverture à soi sans partage, de développer des stratégies malveillantes aux dépends des associations "partenaires"...

Dans notre département, à l'occasion de récents appels à projet, nous avons malheureusement constaté ce type d'agissement. 

A toutes ces organismes qui s'engagent aujourd'hui sur ces chemins risqués, où il y a souvent bien plus à perdre qu'à gagner, à commencer par soi même, je déclare:    Pour rester vivant, Vivons solidaires !

En effet, il existe d'autres voies. Je citerais, pour exemple, le Club des associations intermédiaires de l'arrondissement de Lens*, dont les actions se situent pourtant dans l'économique, et qui ont réussi à mettre en oeuvre une concurrence intelligente, se partageant les secteurs d'activités et les territoires, mutualisant leurs moyens, tissant les conditions d'une communication sincére, ... dans le respect de leurs différences.

Apsamicalement votre.

 

 

* A.P.S.A. Coupd'Main, Lens / SAPIH,  Hénin Beaumont / AIAAC, Courrières / Le Relais Vermellois, Vermelles / Inter'action, Liévin / Interactif, Vendin le vieil.