« Regards croisés sur la précarité »

 

Les visages de la précarité s'exposent à Lens

mercredi 30.04.2014, 08:00  Avenir d'Artois

 

 

La réalisation de l'exposition Regards croisés rassemble plusieurs services de l'Apsa de Lens.
 
"La réalisation de l'exposition Regards croisés rassemble plusieurs services de l'Apsa de Lens.

Photos, textes, créations, l'exposition réalisée par l'Apsa, l'association pour la solidarité active de Lens, en partenariat avec la ville, quatre photographes et un écrivain, est un message fort sur les préjugés liés à la précarité.

En 2013 déjà, dans le cadre d'un projet Santé et estime de soi, avec le centre d'hébergement et de réinsertion sociale La Maison d'accueil, une exposition avait abouti. « L'idée était de permettre à des gens accueillis ici de faire une démarche de bien-être, un travail sur eux, explique Marc Demanze, directeur de la structure. Il y a eu un groupe de paroles, des ateliers de sophrologie, du sport avec un coach, mais il y a aussi eu un véritable besoin de s'exprimer. Nous avons donc débuté un travail avec Abdoulaye Sima. »

Et quand l'exposition a été présentée, le succès a été au rendez-vous : de nombreux autres services de l'association ont manifesté leur volonté de participer. L'exposition 2014 est ainsi née.

Mais cette fois, quatre photographes participent au projet. Abdouaye Sima exposera le travail qu'il réalise à Paris actuellement : un kaléidoscope de photos prises dans les rues de Paris et dans ses sous-sols. « Il sera celui qui brise les coeurs, qui amène l'émotion ». Jean-Pierre Guilbert, lui, est venu suivre les ateliers d'insertion professionnelle de l'Apsa. « Pour montrer que la précarité n'est pas irrémédiable », souligne le directeur. Ensuite, on trouve Ali Msellek, « un clin d'oeil complice aux Compagnons d'Emmaüs. » Autres artistes, inattendus cette fois : les usagers de la maison relais de Noyelles-sous-Lens et de Lens. Jean-Pierre Carlier, lui-même photographe et membre de l'association, leur a remis un appareil photo. « On nous a demandé de photographier des moments de vie, des moments collectifs », expliquent Olivier et Sandrine Lemaire, résidents de la maison relais de Noyelles.

Enfin, un travail d'écriture et de création est venu se greffer. « On a travaillé pendant six mois avec Philippe Masselot, un romancier, explique Daniel Leroux, participant à l'atelier. Nous avons travaillé sur des phrases chocs, des symboles. » Un banc en carton où l'on peut lire "assistez-vous", un arbre à masque pour symboliser l'anonymat, une porte... les messages sont forts. Un montage vidéo a également été réalisé.

Une autre façon encore de croiser les regards, de montrer que « la précarité n'est pas une maladie ».

L'exposition se trouve, dès le 6 mai,  au Colisée  de Lens. À voir jusqu'au 17 mai 11 heures,  temps du "finissage"."

 

Aurélie DELFORGE


L'Avenir de l'Artois