Cérémonie de clôture de l'exposition 2014.

 

Suite au succès de l'exposition photos 2013 « Portraits », l'A.P.S.A., avec le concours complice du service culturel de la Mairie de Lens, a souhaité renouvelé cette aventure pour vous proposer un nouveau voyage au cœur des oubliettes de notre société ...

 

Une deuxième exposition qui est, avant tout, une main tendue, une invitation où les "abandonnés" de notre société vous invitent à les rencontrer, à les découvrir et à partager – parce que « l'essentiel est invisible pour les gueux, qu'on ne les voit bien qu'avec le cœur. » 

 
 

A l'occasion du discours du vernissage de notre première exposition, je lançais cette phrase: "L’exclusion sociale est un « autruicide » dont nous nous rendons tous coupables, lorsque nous détournons les yeux du gueux qui implore notre humanité !"

  

C'est à partir de ce cri d'indignation que quatre photographes et un écrivain ont choisi de croiser leurs émotions, pour nous offrir des "Regards croisés sur la précarité" qui se veulent être, à la fois, un grand angle et un zoom sur une solidarité active...

 
 

Cette exposition a l'ambition de proposer un chemin vers l'autre qui envisage, d'être la voix de ceux dont le miroir social ne reflète plus l'image, le cri de liberté de ceux qui s'affaissent chaque jour aux cachots du désespoir, une fenêtre ouverte sur notre solidarité active, un réquisitoire sans concession contre les préjugés qui emprisonnent nos fraternités brisées...

 

Une exposition, aussi, parce qu'un regard détourné de celui qui quémande son pain, le tue aussi surement qu'un tir nourri - Parce que la rue est une prison pour qui y chemine seul et sans espoir, et que nous en sommes la clef - Parce que, loin de nous léser, la différence nous enrichit - Parce que notre indifférence dilue l'autre dans une transparence mortelle ...

 

 

Merci ...

 

Merci aux personnes accueillies qui ont participé activement à ce travail en forme de partage, parce que donner ce que l'on est, est le plus beau des cadeaux - parce que s'engager dans une démarche politique telle que celle qui nous réunit ce jour, est la preuve vivante que le mot « exclusion » est un mensonge confortable inventé par notre société pour se donner bonne conscience !

 

Merci aux photographes « solidartistes » qui nous invitent à sortir des clichés en négatif que l'on porte habituellement sur nos concitoyens de la précarité...

 

      • Abdoulaye SIMA, artiste qui a semé en 2013 les graines de cette folie qui nous anime maintenant, dans le cadre d'une action « estime de soi » avec les résidents du CHRS « La Maison d'Accueil », et qui a présenté, cette année, un kaléidoscope composé de ses photos prises dans les rues et les sous-sols de Paname,

 

      • Jean Paul GUILBERT, pour son reportage tout en sensibilité qui s'est attaché plus particulièrement à dépeindre un public inscrit dans une vie active, grâce aux ateliers d'insertion de l'APSA; la preuve par l'image que l'on peut s'en sortir pour peu qu'une main solidaire nous soit tendue,

 

      • Ali MSELLEK, pour son clin d’oeœil humaniste sur les compagnons d'Emmaus, qui nous rappelle que nul n'est à l'abri de ne plus l'être,

 

      • Le collectif des locataires et travailleurs sociaux des Maisons Relais de l'APSA, réuni autour de Jean Pierre CARLIER, qui nous invite à une visite intime de leur quotidien, pétillante de vie et emprunte d'espoir et d'empathie,  

 

Merci encore à l'écrivain Philippe MASSELOT, qui avec patience et conviction, a su tisser au sein des CHRS « La Boussole » et « La Maison d'Accueil », les mots qui guérissent les maux et le lien humain qui dénoue les nœuds de la vie. L'atelier d'écriture qu'il a animé au sein de ces établissements a enrichi cette exposition de scénographies illustrées par lesquelles nos concitoyens de la précarité nous content, avec humilité, humour et poésie, leurs visions meurtries de la vie, mais aussi leur croyance indéfectible en la fraternité, en l'avenir et en l'homme...

 

Merci encore à tous les présents d'aujourd'hui qui honorent ces acteurs d'une solidarité partagée – et merci enfin à ceux qui ont permis que cette exposition soit, et plus particulièrement à la Mairie de Lens.

 

 

 

Nous sommes enfants de nos rencontres... Au travers cette exposition, se renforcent des liens solidaires et solides, qui proposent la culture comme vecteur d'inclusion sociale et qui rendent à la politique ses lettres de noblesse en agissant pour qu'ensemble on bouge les lignes vers une société plus juste et humaine …

 

Il me reste donc à conclure mon propos en vous proposant rendez vous l'année prochaine, car ce formidable outil de rencontre que la Mairie de Lens offre à l'APSA dans son combat contre toutes les formes d'exclusion, semble s'inscrire aujourd'hui dans notre patrimoine commun...