L'été aussi, la rue est insupportable !

Au nom de quoi faudrait-il croire que les SDF souffrent moins l'été que l'hiver ? ... Il faut mettre un terme à cette idée reçue ...

On dénombre pourtant autant de décés de la rue pendant la période estivale, que durant la campagne hivernale. Par exemple, cet hiver, aucun SDF n'est mort dans la rue à Besançon, alors que ces 5 derniers mois, 10 d'entre eux sont décédés. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les Sans Domicile Fixe sont en situation de très grande précarité l'été davantage que l'hiver...

Ainsi, malgré la massification significative de la précarité, la fin de la tréve hivernale qui autorise les expulsions, les solidarités familiales et amicales qui jouent moins par beau temps, la fermeture des places d'accueil d'urgence mobilisées pour l'hiver, les associations et bénévoles qui sont moins nombreux pour faire face (chacun profitant de vacances bien meritées)... on persiste dans cette fausse pensée que le SDF, l'été, profite du soleil et qu'il faudra attendre les premiers grands froids pour ouvrir, à nouveau, son coeur !

Face à la flambée des coûts du logement et des charges locatives, ce sont autant de familles qui vivent avec la peur au ventre de voir chaque jour arriver un huissier ou les forces de l’ordre pour les expulser. Et, trop souvent, les personnes expulsées se retrouvent à la rue, sollicitant inutilement des dispositifs d’urgence déjà saturés (rapellons que, cet hiver, six appels au 115 sur dix sont ainsi restés sans solution, faute de places d’hébergement disponibles).

Alors que notre système de protection sociale n’est plus capable de tendre la main à ceux qui se trouvent dans la détresse de la rue, des centaines de personnes sont mises à la rue sans autre solution que de reconstituer des squats, habitats de fortune ou simplement de dormir sur le trottoir !

On sait aussi que la majorité des appelants au 115 sont déjà connus des travailleurs sociaux, démontrant l’absence d’alternatives et de perspectives proposées aux personnes qui sont confrontées à un système de porte tournante dont ils ne sortent jamais. Il est dès lors plus que jamais nécessaire de renforcer les capacités d'accueil digne de notre territoire et de renforcer les dispositifs d’accès direct au logement.

Face aux situations insupportables que doivent endurer les plus pauvres et les plus modestes de notre société, plus que jamais, il faut s'engager à ne plus gérer les dispositifs d’hébergement d’urgence selon la météo, ce qui était une promesse de ce gouvernement   (et des autres avant, d'ailleurs aussi).

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