La relation d'aide

 

La relation d'aide désigne généralement l'accompagnement de personnes en situation de détresse morale

ou en demande de soutien.

 

Cette relation doit nécessairement se réaliser avec beaucoup de considération pour la personne aidée, en

lui accordant beaucoup de liberté et de confiance. Ainsi, la posture de l'aidant consiste d'abord en une

ouverture d’esprit à autrui.

 


C'est une forme de relation privilégiée où la personne (le quelqu’un) compte plus aux yeux de l'aidant que

l’information échangée (le quelque chose).

 

Il est ici souhaitable d’envisager cette rencontre avec l'autre sans aucun pouvoir, ni « pour le bien » de

l'autre, ni contre ses symptômes, ni contre la raison de ces symptômes, ni contre ses « résistances ».

L’aidant ne fait qu’accompagner ce qui se produit déjà.

 

Pour paraphraser Epictetus, "On a deux oreilles et une bouche... on doit donc pouvoir écouter deux fois

plus que parler..." Écouter est le fondement de toute relation humaine et reste la meilleure preuve d'estime

et de respect pour quelqu'un.

 

Il ne s’agit pas, pour l'aidant, de résoudre un symptôme, mais de reconnaître l'autre dans ses ressentis. Il

s’agit de l’accompagner dans ce qui se passe déjà en lui et non de le changer ou de le combattre. Le

symptôme est l’indice d’une émergence qui peine à faire surface. Donc l'aidant aidera la personne à

formuler, à reconnaître, à donner sa juste place à cette émergence.

 

Il n'appartient pas à l'aidant de décider à la place de l'aidé. Au contraire, il faut être très attentif à l'autre qui

seul « a les clés de chez lui ».

 

« La porte du changement ne peut s'ouvrir que de l'intérieur » (Jacques Salomé). L’aidant saura ne jamais rien forcer ni imposer. Si l'aidant n'est pas thérapeute, la relation d'aide a des vertus thérapeutiques.

 

L’aidant n’est surtout pas interventionniste, mais il n’hésitera cependant pas à poser des questions pour

aider la personne à accéder à ce qu’il y a en elle. La relation d'aide repose sur l'écoute active. 

 

Écouter est ici une attitude de cœur, un désir authentique d'être relié à l'autre. L'aidant est ainsi à la fois

ouvert et relié à l'autre. 

 

Chaque personne est la seule à pouvoir accéder à ce qu’il y a en elle. Cependant, pour y accéder, elle a

besoin des questions et de la présence de l’aidant, qui lui ne sait rien.  C’est justement parce que l’aidant

accepte de ne jamais savoir à la place de l'aidé, qu’il sera un bon accompagnant. C’est le principe majeur

de l'accompagnement. Accepter d’être « aveugle » et de ne jamais voir à la place de l'autre permet de

bien le guider vers ce qu’il y a en lui et qu’il est le seul à pouvoir « voir ».

 
 


Quand des fractures intérieures peuvent être réconciliées, la relation d'aide peut alors devenir

accompagnement, sachant que ces deux démarches s'entre-croisent et se consolident l'une l'autre.

 

Notre passé nous forme, il nous explique, mais il ne nous oblige en aucune façon. Du passé oppressant au

présent trépassé... on souffre surtout de n'avoir pas de futur. L'accompagnement écoute le passé, s'inscrit

nécessairement dans le maintenant et vise à créer les circonstances qui ouvre des possibles.

 

Un accompagnement, c'est marcher avec la personne, à partir de son projet, en avancant en fonction de

ses envies, ses compètences, ses besoins... 

 

Il faut se méfier de la fonction normalisatrice (normopathique, devrais-je dire !) de l’accompagnement social.

Il s'agit, en fait, d'amener la personne à être actrice de ses propres transformations, en lui permettant

de renforcer sa confiance en soi, en renforcant les liens sociaux et les solidarités dans ses lieux de vie, en

facilitant son accés au droit commun, en permettant à ses capacités de devenir des compètences, etc.

 

Gandhi avait l’habitude de dire: « Tout ce que vous faites pour moi, mais sans moi, vous le faites contre

moi ». Voilà, à mon avis, bien résumé le sens sur lequel se fonde impérativement notre travail au service de

l'autre.

 

 

Ecrit réalisé à partir de la lecture d'un article de Thierry TOURNEBISE, psychothérapeute, formateur.

" Citez les pensées des autres, c'est souvent regretter de ne pas les avoir eues soi-même, et c'est un peu en prendre la responsabilité" Sacha Guitry