Les associations en péril ?

 

La vie d’une association n’est pas un long fleuve tranquille : elle est le plus souvent rythmée par des phases de croissance et d’émergence de nouveaux projets, de stabilité, mais aussi de difficultés financières et économiques. Avec la crise et la contraction des financements publics, les phases de difficultés financières et économiques semblent s’accentuer. L’étude sur les besoins de financement du secteur associatif réalisée par la CPCA et France Active (janvier 2012) indiquait déjà que près de la moitié des associations interrogées connaissait des difficultés économiques importantes.

Lorsque l’on les interroge sur les aspects financiers, les responsables d’associations montrent plus de motifs d’inquiétude à mesure que la taille des structures s’accroît. Le secteur est également un critère discriminant : 70% d’opinions positives dans le sport, et très peu de situations très difficiles (3%) ; peu de très bonnes situations (6%) dans le secteur sanitaire et social ; un cumul faible de réponses positives dans la culture (45%), assorti d’une importante proportion de situations jugées très difficiles (18%). " Les projections nationales permettent de dire que plus de 150 000 associations connaissent des situations financières sérieuses ".

Pour la première fois depuis des décennies, le secteur associatif a connu, à compter de 2010, une baisse de l’emploi salarié, phénomène qui s'accentue. Cette baisse traduit bien le tassement des ressources du secteur associatif dû notamment à la contraction des financements publics, elle-même liée aux politiques budgétaires restrictives et à la crise de la dette.

Lutter contre la précarité en étant soi-même en précarité... Voilà le nouveau paradoxe qui s'offre aujourd'hui à nous ; Envisager des licenciements lorsque son objet est de combattre toutes les formes d'exclusion, gérer la pénurie des financements sur le dos des publics précaires, etc.

D'autant que ces baisses budgétaires drastiques s'effectuent dans un contexte réglementaire qui se complexifie chaque jour et nous impose de nouvelles charges, contrôles, évaluations, ... qui ont un cout non négligeable ! D'autant que le bénévolat connait une crise sans précèdent ! D'autant que les financements privés (mécénat, sponsoring, dons) se font de plus en plus rares ! A force de puiser dans leurs ressources propres, les disponibilités financières se tarissent dangereusement...

De plus, le développement de la commande publique au détriment de la subvention pourrait remettre en question la survie de certaines associations. Et cela concerne particulièrement les associations moyennes alerte Vivane Tchernonog, économiste ; « Cela résulte d'un effet de seuil : ces associations sont trop petites pour accéder à la commande publique et manquent des ressources humaines nécessaires pour répondre aux appels d'offres », explique-t-elle. « Or leur disparition risque de déboucher sur une dualisation du secteur entre de toutes petites associations de quartier qui s'appuient sur le bénévolat et n'ont pas ou presque pas besoin de financement et des mastodontes qui mettront en oeuvre les politiques publiques sans structures intermédiaires ».

Ces associations moyennes jouent pourtant un rôle crucial dans notre société, autant pour répondre aux besoins fondamentaux de la population que pour innover en matière sociale. Leur disparition serait d'autant plus dommageable qu'elles ont pour spécificité de fédérer les initiatives citoyennes et locales, ce qui risque de déséquilibrer un secteur tout entier.

Les associations doivent aujourd'hui repenser, réinventer leurs modèles économiques et étudier des alternatives à leur développement, sans pour autant « vendre leur âme ».

Dans notre département, plusieurs associations (certaines partenaires voire amies) sont, ainsi, en grandes difficultés financières ; des licenciements économiques ont déjà été mis en œuvre, des redressements judiciaires prononcés, des liquidations organisées ...

Aujourd'hui l'APSA semble encore solide. Elle tente, avec plus ou moins de succés, cette alchimie improbable d'être présente dans les appels à projet, dans le strict respect de son objet associatif, et sans pour autant renier son principe éthique de non concurrence (déloyale) à d'autres associations compétentes, ni sa volonté de ne pas implanter d'actions sur d'autres territoires déja couvert.

Mais cet équilibre complexe reste bien précaire, l'inquiétude monte...