Ils sont d’ici et d’ailleurs et l’APSA leur a permis de fêter Noël

Dans la catégorie « Noël solidaire », la palme revient sans conteste à l’Association pour une solidarité active qui organisait mercredi à la Cité 4 un repas réunissant des familles du monde entier, une sorte de réveillon avant l’heure organisé de A à Z par les invités eux-mêmes. Pour que vive le partage !

Des costumes aux couleurs bigarrées, un buffet garni de mets plus appétissants les uns que les autres et des gamins tout heureux qui gambadent partout. Il y a là des familles venues d’Éthiopie, du Soudan, des Congolais… Des gens de toutes religions aussi : des musulmans, des catholiques, des animistes. Ce joyeux melting-pot voit se côtoyer autour d’une table de fête des demandeurs d’asile du centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA), des gens en grande précarité, ou encore des hommes seuls pour qui Noël n’est jamais synonyme de fête. «  Ce réveillon qui rassemble trois structures est une grande première, explique Éric Flitz, le directeur du pôle hébergement à l’APSA. À l’heure de la crise migratoire et alors que les demandeurs d’asile ont mauvaise presse, on a voulu se rassembler autour de la solidarité et du partage. »

Le partage se décline ici à plusieurs sauces. Voyez la famille Osman originaire du Soudan. Makka, la maman, a confectionné des cakes salés et aussi des pâtisseries de son pays, qui ressemblent à s’y méprendre à des beignets tout dorés et très bons. Au-delà de la cuisine, les uns et les autres partagent leurs expériences et racontent les histoires parfois tragiques qui leur ont fait quitter leurs pays d’origine et rejoindre Lens où ils espèrent devenir des citoyens français à part entière.

Sur un plan purement pratique, l’organisation de ce Noël solidaire a nécessité une sacrée logistique. Et ce sont les invités qui ont tout géré. «  Nous n’avons offert que notre soutien logistique, indique Éric Flitz. Il y a eu une subvention de la Fondation de France mais pour le reste, ce sont les participants qui ont proposé deux lavages de voiture pour financer le repas et les cadeaux. Ils ont décidé de la trame de la journée. Ils se sont réunis en commissions pour le décider. Bref, c’était eux les patrons !  » S’agissant des cadeaux – car pas de Noël sans jolis paquets au pied du sapin ! –, ils sont le fruit d’une collecte réalisée au sein de l’école Sainte-Thérèse, à Lens. «  Il y en avait tellement qu’on a dû faire deux journées de tri  », sourit Éric Flitz. De quoi rassurer sur la permanence des valeurs solidaires dans le bassin minier.

 

Arrticle La Voix du Nord - Par HERVÉ NAUDOT Publié le 23/12/2016