Quand le thermomètre plonge, reste le 115 aux sans-abris

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Plan grand froid, kézaco ?

Ce dispositif national permet à des personnes qui dorment à la rue d’être hébergées de façon temporaire. Il est activé théoriquement de novembre à fin mars. Mais au SIAO lensois, «  on n’a pas attendu le déclenchement par la préfecture quand les températures sont entre moins 5 et moins 10 la nuit et zéro en ressenti la journée pour l’activer  », résume Christophe Josien, chef de service au SIAO. Depuis le 16 novembre, une petite quarantaine de personnes ont été hébergées à « l’auberge » de la route de Lille, à Lens comme tout le monde appelle les lieux.

Les premiers sans-abris arrivent à 15 heures. La maison - un ancien couvent de religieuses - peut accueillir jusqu’à 18 personnes, à qui il est demandé de respecter un règlement intérieur. «  Globalement, ça se passe bien  », explique le chef de service. Une révolution car il y a quelques années, avant le plan grand froid, les sans abris étaient soumis au bon vouloir des communes qui acceptaient plus ou moins volontiers de mettre des équipements à leur disposition. La quarantaine de personnes différentes passées par là depuis le 27 novembre n’a eu qu’à appeler le 115 pour avoir une place.

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Orienter

«  L’idée, c’est quand même de faire en sorte que les gens restent le moins longtemps possible  », souligne Yann Mayeux, directeur du SIAO. Le 115 n’est donc qu’une étape mais elle est décisive. C’est là, en fonction du « profil » de la personne hébergée que se dessine l’accompagnement.

Les raisons de se retrouver SDF sont bien plus vastes qu’on l’imagine souvent : du locataire en conflit avec son propriétaire ou son bailleur en passant par l’ado en rupture familiale ou à la personne désocialisée... Au 115, le plus jeune hébergé a 18 ans, le plus âgé en a 72... Et les partenaires sont multiples.

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Les maraudes

Il y en a tous les jours, aussi bien sur le territoire de la CAHC que sur celui de la CALL. «  Deux cas de figure : soit la personne appelle le 115 d’elle-même ou un habitant nous signale une personne sans abri à tel endroit  », explique Christophe Josien. «  On fait aussi des maraudes pures, c’est-à-dire qu’on sillonne le territoire sans but précis, uniquement pour repérer les personnes à la rue.  »

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Et après l’hiver ?

«  Ce qui manque, c’est ce type de dispositif à l’année  », avoue Yann Mayeux. La mise à l’abri des personnes ne s’arrête pas au soir du 31 mars. Une réflexion est engagée avec les services de l’État pour aménager de véritables «  haltes de nuit » tout au long de l’année.

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Les communes contribuent

C’est le deuxième étage de la fusée. Dans l’hypothèse de froids polaires persistants, le niveau 2 du plan grand froid peu-être activé sur le territoire. Et au cas où l’auberge de la route de Lille, à Lens, ne serait plus en capacité d’accueillir des personnes à la rue, des salles communales, des complexes sportifs, peuvent en quelque sorte être réquisitionnés. C’est le cas dans les communes de Sallaumines, Noyelles-sous-Lens et Harnes, avec lesquelles un partenariat de longue haleine est engagé. Voilà pour la CALL.

Sur la CAHC, ce type de mise à disposition n’existe pas dans les faits mais cela n’empêche pas le SIAO d’être présent. En plus des maraudes quotidiennes sur le territoire, la structure qui était jadis implantée au sein de l’îlot Carnot à Hénin-Beaumont va déménager dans un local de la rue Paul-Vaillant Couturier, mis à disposition par la municipalité.

«  Ce sera un point de chute facilement identifiable, un lieu de premier accueil pour les personnes et en aucun cas une halte de nuit comme à Lens  », explique Yann Mayeux, directeur du SIAO.

 

Article La Voix du Nord - Par HERVÉ NAUDOT Publié le 26/12/2016