Le C.A.O. de Lens est ouvert !

" Deux maisons du centre-ville de Lens, transformées en appartements sont prêtes à accueillir des migrants qui ont dû quitter Grande-Synthe en urgence après l’incendie du camp de fortune lundi soir...

Le téléphone de Marc Demanze, directeur général de l’Apsa, n’arrête pas de sonner. Et lui, n’arrête pas de courir. Depuis que jeudi, le préfet du Pas-de-Calais lui a confié la lourde mission de monter en seulement quelques heures un centre d’accueil et d’orientation (CAO) à Lens.

Ici, il s’agit plutôt de structures éclatées, pas d’un centre unique comme celui de Croisilles près d’Arras. Et nous sommes en pleine ville, pas à la campagne, au milieu des champs. Le responsable de l’Apsa salue en cela, le soutien du maire de Lens, Sylvain Robert, qui a, en plus proposé l’aide de ses services.

« Les choses se sont accélérées »

«  La préfecture nous a sollicités puisque nous avions déjà déposé un dossier pour ouvrir, justement, un CAO. Mais cela devait se faire tranquillement, pour le mois de mai. Tout s’est accéléré  », confie Marc Demanze. «  Je n’ai jamais vu un tel élan de solidarité en quelques heures. Les bénévoles de l’Apsa, les agents de Maisons et Cités (deux directeurs sont aussi venus sur place). Et puis, on nous a amené des lits d’un ancien internat de Saint-Omer qui ne servaient plus…  »

Tout est prêt, ou presque pour accueillir la petite quarantaine de réfugiés : onze personnes isolées (des Afghans, des Iraniens, des Irakiens) ; un couple d’Afghans ; et puis une famille afghane aussi avec deux enfants de 7 ans et 2 ans et demi.

L’urgence aujourd’hui est d’offrir à tout le monde du repos, mais aussi les premiers soins, assurés par une infirmière de l’Apsa. Ce n’est que dans un deuxième temps, quand tout le monde sera installé, qu’on commencera à parler de l’avenir.

 

 

« Il s’agit d’une urgence humanitaire »
 
 
 

Comme pour l’évacuation de la jungle de Calais, le gouvernement a demandé aux préfets d’identifier des lieux susceptibles d’accueillir les migrants de Grande-Synthe. Dont la ville de Lens. Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais, répond à nos questions.

– Pourquoi avoir décidé l’ouverture d’un centre d’accueil et d’orientation à Lens ?

« Après l’incendie du camp de Grande-Synthe, lundi soir, les migrants ont été accueillis dans des gymnases qui vont être progressivement vidés dans les prochains jours. Par le passé, nous avions déjà, dans le département, identifié des sites qui, potentiellement, pourraient accueillir des migrants, dont Lens.

Les choses se sont accélérées ces derniers jours. Nous nous sommes donc rapprochés de l’Apsa de Lens-Liévin pour ouvrir un de ces centres. Il s’agit d’une urgence humanitaire. Le gouvernement a demandé à tous les préfets de faire des propositions d’hébergement. Il n’y a pas de chiffre précis à atteindre, nous ne sommes pas dans une logique mathématique. Mais il est normal que le Pas-de-Calais apporte sa contribution. »

– Combien de personnes seront accueillies ?

« À Lens, les premières personnes sont arrivées jeudi soir, d’autres sont attendues dans les heures qui viennent (vendredi soir, NDLR), des bus ont spécialement été affrétés. Nous avons un total de trente-six personnes qui seront accueillies sur plusieurs sites assez proches les uns des autres à Lens. Nous avons ici privilégié des structures de taille modeste. Évidemment, tous les migrants qui seront accueillis sont volontaires au départ de Grande-Synthe. Il peut s’agir de personnes isolées mais aussi de familles. »

– Quel sera l’avenir de toutes ces personnes ?

« Elles vont pouvoir se poser un peu, être soignées, trouver un sas pour être orientées et, si elles le souhaitent, déposer leur demande d’asile. Dans le Pas-de-Calais, d’autres centres d’accueil et d’orientation pourraient ouvrir, plutôt dans le sud du département. »

 

Article de la Voix du Nord - Par Emmanuel Crépelle | Publié le 14/04/2017