« Comment peut-on braquer les plus pauvres ? »

Le centre La Boussole qui accueille des hommes sans domicile fixe, route de Lille, a été braqué par deux hommes, dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont emporté un ordinateur et quatre coffres éducatifs, emplis d’effets personnels appartenant aux SDF. À l’APSA, qui gère le foyer, on ressent « une profonde colère ».

«  Il faut vraiment être un abruti pour venir braquer les gens qui s’occupent des plus pauvres, je n’ai pas d’autres mots…  » Dans la nuit de lundi à mardi, aux alentours de 2 heures du matin, deux hommes ont braqué le centre La Boussole, foyer destiné aux hommes sans domicile fixe. «  Le surveillant de nuit a remarqué un homme étranger à la structure, assis sur un banc, dans l’enceinte  », raconte Éric Flitz, directeur de l’établissement.

 « Ils l’ont mis au sol, un sac sur la tête et l’ont menacé de revenir s’il bronchait »

Alors qu’il s’approche de lui pour l’inviter à partir, «  un deuxième homme a débarqué par l’arrière, cagoule sur la tête et pistolet à la main  ». Arme sur la tempe, le gardien de nuit a dû guider les braqueurs à l’intérieur du foyer. «  Une fois dans le bureau, ils l’ont mis au sol, un sac sur la tête et l’ont menacé de revenir s’il bronchait.  » Après avoir volé un ordinateur, un disque dur et quatre petits coffres éducatifs contenant des effets personnels de SDF, les cambrioleurs ont pris la fuite avant l’arrivée de la police.

«  Le surveillant de nuit est démonté, traumatisé, d’autant plus qu’il avait déjà vécu le même genre de faits il y a quelques années dans le cadre d’une autre activité…  »

Une cellule psychologique a été mise en place pour «  déstresser tout le monde  » et Éric Flitz veut positiver face à la belle solidarité du personnel suite à l’événement. Mais, il y a aussi «  une vraie grosse colère  ». «  Braquer un centre d’urgence, je ne pensais pas qu’on puisse un jour arriver à ce genre de choses… Et, heureusement qu’aucun usager n’a été réveillé, sinon, vous imaginez ? Ça aurait pu dégénérer…  »

Aujourd’hui, Éric Flitz va tenter de mettre des mesures en place pour pallier l’angoisse du personnel. «  Tous les jours, j’ai des salariés qui se retrouvent en situation d’isolement. Ils vont venir travailler la peur au ventre ?! Ce n’est pas imaginable.  »

Une plainte a d’ores et déjà été déposée par le surveillant de nuit et le directeur de la structure fera de même mercredi. «  En espérant que la nuit du braquage, l’occasion a fait le larron et que nous n’étions pas spécifiquement visés, ce serait malheureux…  »

 

 

Nouvelles dispositions de sécurité

Difficile d’imaginer un jour devoir faire face à un braquage quand on est directeur d’un centre d’hébergement d’urgence. Éric Flitz y est pourtant confronté depuis mardi matin. Alors, il s’agit aussi de réfléchir à de nouvelles dispositions de sécurité.

Pour l’instant, «  le personnel va déjà être doublé pendant la nuit  », pour rassurer tout le monde. Mais cela ne durera qu’un temps. Faute de moyens. L’Apsa, qui gère La Boussole, n’est qu’une association et «  doit faire avec  » ce qu’elle a.

Des caméras à l’extérieur ? «  On y a pensé mais on va débuter des travaux dans quinze jours, dans le cadre d’un grand projet sur deux ans. On n’allait pas hypersécuriser un lieu alors qu’on va démonter la boutique…  » Reste alors peut-être l’idée des alarmes lumineuses mais cela reste encore à discuter. «  C’est tout de même dommage de devoir discuter de ça alors qu’on est là pour aider les gens… C’est ça notre monde ?  »