Bienvenue en Itinérance

 

Décrochage exposition Mr MASSELOT le 12.05.2017

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Je tiens tout d’abord à remercier les partenaires qui ont rendu cette exposition possible, et tout particulièrement la ville de Lens, au premier titre duquel Mr Sylvain ROBERT, Maire de Lens - Mme Hélène CORRE, Déléguée à la Culture avec laquelle l’APSA travaille main dans la main depuis longtemps. Je n'oublierai pas la Fondation de La Poste sans laquelle ce projet n'aurait pu vivre et souhaite enfin  remercier Mme Anne-Marie VANCAUWELAERT, notre présidente.

 Je tiens également à remercier Mr Philippe MASSELOT pour son implication tout au long de ce projet, et pour avoir su mettre en lumière ces personnes, ces parcours, qui bien souvent sont réduites à des dépêches dans le flux de l’information. Le résultat de ce travail, c’est cette exposition, sobrement intitulée « Itinéraires, Itinérances » ; mais j’aime à penser que la continuité de ce travail, c’est le changement qu’il a peut être opéré sur chacun des visiteurs qui s’est plongé dans ces récits.

 Tout au long des mois d’entretiens que Mr MASSELOT a mené au CADA, une connivence s’est créé, permettant de recueillir une part d’intimité. En tant qu’éducateur en CADA, j’ai accompagné Mr MASSELOT à la rencontre des demandeurs d’asile, mais c’est lui qui, par son positionnement juste, son humilité et son très grand respect des personnes, a su créer les conditions d’une expression sincère.

 Les demandeurs d’asile ont des choses à dire ; au cours de leur procédure de demande on leur intimera l’ordre de répéter leur histoire, les persécutions qu’ils ont subies, les conditions de leur itinérance. Ces récits, souvent très durs, « dont on ne sort pas indemne » comme me l’a dit Mr MASSELOT, doivent aussi s’exprimer, je pense, en dehors du cadre strict de la procédure. La procédure déshumanise ces parcours, met une distance rassurante entre le demandeur et les auditeurs successifs, parfois même entre le demandeur et sa propre histoire.

 Mais en deça de cette deshumanisation, la souffrance demeure bien souvent. Il est difficile de trouver une personne pour l’écouter en toute humanité. Ce fut le cas avec Mr MASSELOT qui vous livre ces témoignages, ici même. Chacun évoque un parcours, un engagement, la réaction d’autorités corrompues ou leur inaction alors même que les personnes étaient en droit de leur demander de les protéger. Ces témoignages, comme les personnes accueillies au CADA, viennent de tous les horizons : éloignés comme la Mauritanie ou le Yémen, beaucoup plus proche comme l’Albanie ou la Géorgie. A chaque fois ils font écho, de par leur unicité, à notre propre humanité. Parfois, ils évoquent un engagement politique des personnes dans leur propre pays, comme la lutte contre l’esclavage ou la lutte contre l’embrigadement d’enfants dans l’armée.

 La force du travail de Mr MASSELOT est également de mettre en perspective ces itinéraires, avec notre propre actualité, notre propre vécu dans notre beau pays. Cette dichotomie entre errance et stabilité, violence et sécurité, mépris ou affirmation des valeurs humanistes, nous renforce, je pense, dans nos choix pour une société ouverte, accueillante, tolérante. Cette exposition donne un sens à la procédure d’asile dans ce qu’elle a de plus humain, de plus universel ; comment peut-on être contre cela, à moins de nier notre propre humanité ?

Pour conclure je vous invite à vous plonger dans ces thématiques, parfois difficiles certes, mais qui nous font grandir et qui donnent un sens à cette vision de la société que nous partageons tous dans notre beau pays, la France, qui deviendra peut-être la patrie d’adoption de ces personnes.


              Matthieu MORSEAU