La Voix du Nord ; rencontre avec le C.A.O.

Marufkhil fait partie de ceux qui résident au CAO depuis son ouverture, en avril. À 24 ans, cet Afghan a quitté son pays pour fuir la guerre. « Les Talibans ont tué mon père et, après, ils ont voulu que je vienne avec eux, tuer des gens », explique-t-il dans un anglais approximatif. « Ma famille m’a dit non, que ce n’était pas bien, que c’était du terrorisme. On m’a donné de l’argent pour que je parte. »

Seul et démuni, il a donc pris la route pour l’Europe, sans trop savoir où il mettait les pieds. Son voyage a duré deux ans. « Je suis passé par tous les pays, il fallait payer, à chaque fois… » Le jeune homme, fan de taekwondo, a finalement atterri à Grande-Synthe, au camp de la Linière. « Je voulais passer en Angleterre », précise-t-il.

Il y passera trois mois avant le terrible incendie qui a ravagé le camp en avril. Ce week-end là, entre 1 400 et 1 700 personnes se retrouvent sans abri durable.
Très vite, des solutions se mettent en place et les migrants sont acheminés vers des CAO de la région principalement. Marufkhil grimpe dans un bus. Direction : Lens.

Un appartement partagé avec d’autres afghans ; Depuis, il vit dans un appartement qu’il partage avec d’autres Afghans. Il a entamé des démarches pour pouvoir rester en France. « Avant, mon idée était de rejoindre l’Angleterre, mais, maintenant, je veux rester en France. » Son objectif : Paris, la capitale. Il n’y a jamais mis les pieds mais ses yeux s’illuminent quand il évoque la ville lumière. « Là-bas, j’ai des gens. Je ne serai plus seul. »

"Avant, c'était l'Angleterre. maintenant je veux rester en France."