Baisse des contrats aidés

Les récentes prévisions macron-économiques laissent présager des perspectives positives dans la lutte contre le chômage...

Nous savons toutefois qu’elles ne se traduiront pas à court terme par un retour massif à l’emploi des personnes qui en sont aujourd’hui privées. Il est même à craindre qu’une reprise progressive de l’emploi n’ait qu’un impact très limité sur celles qui sont au chômage depuis plus d’un an. Ces personnes, qui sont aujourd’hui près de 2,5 millions, suscitent la défiance des employeurs et ont souvent perdu confiance en elles, en leurs compétences et se sont progressivement éloignées du rythme et des repères du travail. Dans de trop nombreux cas, elles sont confrontées aux conséquences dramatiques de la pauvreté qui sont autant de souffrances et d’obstacles au retour à l’emploi durable – alimentation insuffisante, habitat précaire et indigne et problèmes de santé inhérents, faible mobilité, problèmes de garde d’enfant…

L'APSA, associations agissant auprès des personnes en situation de précarité, cotoie ces souffrances et construit avec les personnes des solutions pour leur retour à l’emploi. Les emplois aidés font partie de celles-ci, brisant le cercle vicieux du chômage et de l’exclusion par l’accès quasi immédiat à un emploi. Celui-ci permet ensuite de travailler, sur le long terme, à une réponse durable aux difficultés d’accès à l’emploi rencontrées par ces demandeurs. Ce travail commence avec l’acquisition d’un statut de salarié, de droits sociaux liés, d’une expérience professionnelle récente, de compétences et surtout d’une confiance en soi qui revient progressivement grâce à un tutorat renforcé, un accompagnement socioprofessionnel et des immersions en entreprise.

Ces contrats aidés sont aussi utiles pour l’ensemble de notre société car les personnes ainsi salariées remplissent des fonctions socialement capitales, auprès de nos enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées ou des personnes en difficulté. De plus, ils sont à l’œuvre sur des sujets importants comme la transition écologique ou la sécurité des personnes sujets prioritaires du gouvernement.

Par exemple dans notre association, nous embauchons tous les ans 100 personnes en contrat aidés, qui bénéficient d’un accompagnement et d’un encadrement socio-professionnel et qui participent pleinement à nos activités cette activité de solidarité.

Oui il faut améliorer sans cesse le contenu des emplois aidés, pour le rendre plus qualitatif, par un meilleur accompagnement, une meilleure organisation du lien avec les employeurs de droit commun en vue de faciliter les transitions et enfin par un meilleur accès à la formation professionnelle. Mais il ne faut pas réduire purement et simplement leur nombre, sous peine de laisser au chômage des centaines de milliers de nos concitoyens et de briser des activités utiles à la vie de nos territoires.

Nous attirons enfin votre attention sur le rôle que peuvent jouer les contrats aidés, et plus largement les postes dans l’insertion par l’activité économique et le travail adapté et protégé dans le plan national de montée en compétences des demandeurs d’emploi annoncé par le Président de la République durant la campagne électorale. Les actions de formations sont d’autant plus efficaces lorsqu’elles s’appuient sur un accompagnement personnalisé et une articulation avec une situation de travail, permettant de mettre en œuvre les acquis de la formation. Deux caractéristiques que possèdent les emplois aidés et ces postes d’insertion. Il ne faut donc pas les opposer et privilégier l’un par rapport à l’autre, mais bien les associer, pour créer des parcours cohérents et complets, donnant réellement aux personnes les chances de retrouver un emploi durable.

Ces contrats aidés représentent aussi autant de moyens pour nos associations de réaliser nos missions d’intérêt général. Attention à l'effet chateau de carte !!!  Deja, nous envisageons de ne plus accueillir dans nos Pensions de Famille les plus abimés par la vie, faute de pouvoir continuer à animer le quotidien

Nous sommes aujourd'hui très inquiets des annonces gouvernementales pour le second semestre 2017 et l’exercice 2018 et sommes prét à une mobilisation masive !