L'APSA au service d'une politique d'accueil plus humaniste

Ce programme permet à des familles identifiées comme fragiles, pour des raisons d’âge, de maladies ou par besoin de protection physique, d’obtenir une protection de la part d’un pays tiers comme la France.

Il s'agit de permettre aux familles de prendre un nouveau départ dans un pays où leur vie ne sera pas menacée en leur donnant l’assurance de la reconnaissance de leur protection et d’un trajet en toute sécurité.

Cette famille syrienne que nous avons accueillie est la première à pouvoir accéder à ce programme dans le département du Pas de Calais. Après avoir fui la Syrie en 2014, ils ont été auditionnés par l’UNHCR alors qu’ils étaient dans un camp de fortune, au Liban où ils avaient tout d’abord trouvé refuge. À la suite de cette interview ils ont pu être orientés vers la France grâce à l’OIM qui a organisé leur voyage.

Leur arrivée a été retardée de presque un an du fait du covid et des événements tragiques à Beyrouth, cet été. L’équipe éducative de l’APSA a enfin pu les accueillir à l’aéroport CDG de Paris le 5 novembre 2020. Actuellement hébergés dans notre arrondissement le couple et ses quatre enfants se sentent maintenant en sécurité et prêts à se reconstruire.

En effet le plus grand regret de Mohamad et Amina était que leurs enfants ne pouvaient pas accéder à l’école, ni en Syrie à cause de la violence et des bombardements, ni au Liban car il y avait trop peu de moyens et de places au camp. N’ayant eux-mêmes pas pu faire beaucoup d’années d’études ils souhaitaient un meilleur avenir pour leurs enfants. De plus ils vivaient dans l’illégalité ce qui ne facilitait pas l’accès à un travail décent pour subvenir aux besoins de la famille. Aujourd’hui leurs enfants vont à l’école avec des jeunes de leur âge et bénéficient également des cours d’UPE2A afin d’apprendre plus facilement la langue.

Cedra, leur fille aînée, actuellement en parcours allophone au lycée Béhal de Lens, entrera en première année de CAP à la rentrée prochaine au plus grand bonheur de sa maman qui n’imaginait pas que sa fille puisse accéder à un diplôme.

Une seconde famille a également été accueillie en décembre 2020 ; Akberet, âgée de 26 ans et sa fille de 5 ans Msgana viennent d’Erythrée. Lorsqu’elle est tombée enceinte en 2015, Akberet a décidé de quitter son pays avec son mari. Malheureusement lors de leur périple ils ont été séparés et n’ont eu aucun contact pendant plusieurs années. Continuant son voyage vers le Rwanda pour y trouver refuge c’est par le bouche à oreille qu’Akberet retrouve la trace de son mari et qu’ils reprennent contact. Monsieur a déjà pu bénéficier du programme de réinstallation vers la Suisse et Akberet fait alors la demande de pouvoir le rejoindre ou au moins de trouver un pays d’accueil proche de celui-ci. Elle garde ce projet en tête mais souhaite tout d’abord retrouver un équilibre perdu depuis longtemps pour elle et sa fille, se stabiliser en France, apprendre la langue…

Malheureusement les restrictions sanitaires n’ont pas permis aux adultes d’accéder à la formation de français pour le moment. Néanmoins ils font déjà beaucoup de progrès dans les échanges du quotidien, impatients de pouvoir prendre en autonomie, reprendre le contrôle de leur vie et leur rôle de parents.

Avec la pandémie nous n’avons pour le moment pas pu accueillir plus de familles mais nous espérons que cela se fera rapidement.