Marché de dupe !

Le 26 septembre, l'Etat lance, sans aucune concertation et sans même prévenir ses services déconcentrés, une offre de marché public pour 5351 places pour demandeurs d'asile (Prahda) et 5000 places d'hébergement d'urgence; une première dans le secteur de l'hébergement avec accompagnement!

Pour l'hébergement d'urgence, un coût annuel à la place de 5959 euros, bien inférieur au cout actuel... prémisse d'un nivellement par le bas qui augure peut-être des convergences tarifaires mortifères...

Pour les places PRAHDA, si le coût à la place est sensiblement le même qu'aujourd'hui, il est prévu dans ce marché que les places vacantes ne seront pas payés (alors que c'est l'OFFI qui oriente), ni les places en « présences indues » (Par exemple, c'est l'association qui sera responsable de l'effectivité de la demande d'asile des personnes "en demande imminente"), et le paiement se fera sur facture, donc pas de contentieux possible !

Alors que l’on sait aujourd’hui qu’il y a des facteurs exogènes, la responsabilité financière  reposera entièrement sur "le prestataire" en cas de mauvaise ou défaut d’éxécution du marché : délais d’éxecution, coûts, niveau de qualité…

Ce role de prestataire réinterroge aussi la fonction des associations, leurs missions de contre poids démocratique, de pouvoir d'alerte et d'information de la société civile,  d'être force de proposition, ... !

Se pose aussi la question d’une réponse concertée sur chaque territoire, puisqu’il ne peut y avoir, dans le code des marchés publics, de concertation en amont des acteurs. Il y a là une véritable hypocrisie, les réponses (lots indivisibles) ne pouvant être que portées par un opérateur important ou, soit disant, par un regroupement.

Si cet appel d'offre cite les SIAO, il ne cite pas les PADA, les schémas régionaux de l’asile, les PDALHPD, le role des CLEODAS,… Ces dispositifs seront « à part » des schémas tentant aujourd'hui de garantir une coordination des acteurs.

Et puisqu'il s'agit de lots régionaux, nous nous demandons quels choix seront effectués en matière de répartition territoriale et d'implantation locale, au regard des besoins spécifiques à chaque territoire, des diagnostics à 360° ...

L'ouverture aux acteurs lucratifs pose aussi la question du sens de l’accompagnement puisque des marges de profits peuvent être réalisées !

Enfin, où sont les bonnes partiques du travail social, qui font pourtant l'objet de guide de l'ANESM, d'états généraux... Par exemple, concernant les personnes sous Dublin assignées à résidence (L'assignation est, rapellons-le, une mesure entre une personne et une administration, une mesure individuelle qui concerne la personne et l’Etat), il est demandé à l’association de contrôler ! De même, il est interdit d'orienter les personne déboutée sur les dispositifs d'urgence, bafouant ainsi le principe d'inconditionnalité de l'accueil et notre humanité !

Le travail social et nos associations de solidarité sont aujourd'hui gravement mis en cause !

... et heureusement qu'il s'agit d'un gouvernement de gauche !