Trente-neuf migrants ont trouvé refuge au centre d’accueil et d’orientation

Trente-neuf migrants ont trouvé refuge au centre d’accueil et d’orientation

Initialement, c’est en août qu’aurait du ouvrir, à Lens, le centre d’accueil et d’orientation (CAO) pour les migrants. Mais l’incendie du camp de la Linière, à Grande-Synthe, a imposé d’avancer le calendrier. Le CAO est entré en fonction dès le 13 avril, et accueille 39 personnes. Un lieu de transition qui permet d’accompagner au mieux des majeurs au parcours difficile.

« L’idée est de mettre en œuvre la fraternité qui est inscrite sur tous les frontons de nos mairies. » Marc Demanze, directeur général de l’association pour une solidarité active (APSA), a eu la lourde mission d’ouvrir un centre d’accueil et d’orientation (CAO) en deux jours. Alors que son lancement était normalement prévu courant août, le centre a finalement accueilli les premiers migrants le week-end de Pâques, le 13 avril, suite à l’incendie qui a ravagé le camp de la Linière, à Grande-Synthe. « C’était une sacrée aventure humanitaire et l’occasion de voir qu’il existe encore de la solidarité en France. »

Oui, il y a eu des inquiétudes, des rumeurs aussi, surtout en pleine période de campagne électorale pour la présidentielle, puis les législatives. « Mais nous ne faisons pas de politique avec ce projet », assure Marc Demanze.

L’équipe – composée d’une chef de service, de quatre éducateurs soutenus par un psychologue et une infirmière quelques heures par semaine – a déjà bien assez à gérer.

Trente-neuf personnes de nationalité étrangère sont hébergées sur deux sites dans le centre-ville de Lens. « Dans des logements vides de tout occupant depuis des années », préfère anticiper Marc Demanze avant que les critiques ne fusent. Deux maisons ont été divisées en dix-huit studios pour des hébergements individuels et plusieurs appartements sont, eux, accessibles à quatre personnes pour des familles ou des collectifs.

« Aujourd’hui, nous accueillons essentiellement des hommes seuls », précise Émilie Dissaux, la chef de service du CAO. En provenance d’Irak, d’Afghanistan, du Kurdistan, d’Érythrée…

Le CAO est présent pour leur offrir un premier accueil pour qu’ils se ressourcent d’abord, après un parcours souvent éprouvant. Vient ensuite le temps de l’accompagnement et de l’orientation. « 60 % d’entre eux demandent l’asile ou engagent une procédure de retour au pays. »

Les autres quittent parfois les lieux et se débrouillent sans aide.

Le centre est avant tout un lieu de transition avant que ses occupants soient dirigés vers des structures d’hébergement pérennes comme les centres de demandeurs d’asile par exemple. Pour d’autres, la procédure est plus compliquée et il faut parfois qu’ils rejoignent l’Italie, la Bulgarie, le premier pays d’Europe où on a relevé leurs empreintes.

Depuis l’ouverture du CAO, une dizaine de bus, essentiellement en provenance de Calais ou de Grande-Synthe, ont déposé des réfugiés à Lens. Mercredi après-midi, ce sont des migrants installés au camp de la Chapelle à Paris qui ont débarqué dans la cité des mines. Pour tenter de se dessiner un nouvel avenir.