Estime de soi

L’APSA, ce sont les hébergements d’urgence du 115 en période de grand froid. Ce sont aussi des logements pérennes et tout un travail pour un « retour à la vie normale » en direction de publics fragilisés. Travail qui passe parfois par des choses simples comme un atelier poterie, une marche en forêt…

« Il n’y a pas de transformation radicale, mais les voir en atelier, attentifs, curieux… et fiers d’eux », c’est déjà une belle évolution semble dire Pauline Pavy, éducatrice spécialisée et référente pour la pension de famille de Noyelles-sous-Lens.

Dans cette structure ouverte en 2013 par l’association pour une solidarité active (APSA), figurent seize hommes et une femme. « Nous accueillons des personnes qui viennent de la rue, de centres de soins après une cure, d’unités psychiatriques », explique Yann Mayeux, directeur du pôle logement de l'APSA, dont dépendent les pensions de famille.

DES PARCOURS DE VIE TRÈS DIFFÉRENTS, JAMAIS SIMPLES

" Certains ici sont des survivants", des personnes aux parcours de vie très différents mais jamais simples. Alors, il y avait de quoi être fier, mardi face aux vitrines de la médiathèques de Noyelles-sous-Lens, devant leurs créations issues des ateliers bien-être et estime de soi chapeautés par l'APSA.

Grégory a trouvé un équilibre à la pension de famille de Lens qu'il ne compte pas quitter. " je suis bien là où je suis, j'ai assez vécu seul ! ", balaye ce grand gaillard. C'est le premier avantage qu'il voit aux ateliers: "Ca évite de rester enfermé chez soi." Et renfermé sur soi-même et ses habitudes.

Zorko, résident de Grenay au contact facile, a apprécié de se rendre aux musées du Louvre-Lens et des Beaux-Arts d'Arras. Son oeuvre en poterie s'intitule "la protection". "C'est vrai qu'il protège toujours tout le monde." nous souffle une voix derrière.

Sortir de soi, ne plus penser à ses problèmes, se rrecentrer sur ses aspirations proofondes ... Hamid s'excuse presque de parrler quand il répond à une question, mais sa création parle d'elle-même, c'est un requin d'un bleu profond qui s'intitule " le calme du fond des mers.

Les ateliers "estime de soi" de l'APSA ont été financés par l'Agence Régionale de Santé. Le bien-être est une question de santé morrale mais aussi physique pour des publics qu'on qualifie pudiquement de "fragilisés" et souvent sujets aux addictions. Outre l'art-thérapie, les résidents ont aussi suivi une sophroloogue, pour des marches en forêt d'Olain.

CE QU'ON NE VOIT PAS

A la médiathéque, de ses balades restent des empreintes de feuilles, de petits bouts de nature. Et puis il y a ce qu'un ne voit pas. " On a beaucoup observé leur comportement pendant les ateliers, reprend Pauline Pavy. Et à la fin, on leur a distribué des questionnaires. On a eu des retours qui disaient "je me sens mieux", " je n'ai pensé à rien, je n'ai même pas pensé à fumer ". " Et n'importe quel fumeur sait qu'il y a dèja de quoi être fier.

 Article Voix du Nord par Pauline Drouet | 22/02/2018

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