L'A.P.S.A. -

Une soirée placée sous le signe de l’interculturalité !

Ce vendredi, les personnes accueillies à la Boussole, à la résidence Jaques Brel et au service "Accueil Solidarité International" ont participé à l’inauguration du partenariat entre Amnesty International et le Louvre à Lens. Cette soirée a permis de marquer l’implication de cette grande ONG, œuvrant comme l’indiquent ses statuts à la défense des droits de l’homme partout dans le monde et à la promotion de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dans le domaine de la culture, en mettant de plus en avant les spécificités du territoire !

Les personnes accueillies ont été valorisées à cette occasion en ayant préparé un buffet de spécialités du monde (presque) entier, rassemblant des plats du Mali, du Soudan, de Guinée Konakry, d’Erythrée ou encore de Géorgie. Elles ont ensuite été mises à contribution pour le service, profitant du caractère convivial de la soirée pour échanger avec les participants.

Ces rencontres sont toujours l’occasion d’ouvrir les horizons de tous, tant culturellement qu’humainement, car les personnes accueillies sont en définitive les meilleures avocates de leur parcours et de leur situation.

Cette soirée a été au final l’occasion de renforcer un peu plus les liens déjà solides que nous tissons avec le Louvre à Lens, nous affirmant comme des partenaires soudés dans nos valeurs d’humanisme et d’ouverture sur le monde.

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Ce samedi matin, les personnes accueillies au service "Accueil Solidarité International" ont répondu présent à l’invitation du Louvre à Lens ! Il s’agissait d’assister à la restitution des travaux menés depuis le mois de mars, en collaboration avec les artistes du CLEA et la médiation culturelle du musée.

L’objet du travail portait sur les thématiques croisées « migrant d’hier, migrants d’aujourd’hui » et les personnes accueillies y ont pris toute leur place. Elles ont pu être enregistrées par les artistes du CLEA en résidence, Kate France, Esther Mollo et Jean-Baptiste Droulers. Elles ont également pu faire part, au cours de la série d’ateliers menés au Louvre, des mythes issus de la culture de leurs pays d’origine.

C’est ainsi qu’à travers le prisme du mythe de l’Illiade, nous avons pu évoquer d’autres figures mythiques telles que Gilgamesh, roi et demi-dieu sumérien, Soundiata Keïta, fondateur de l’empire mandingue en Afrique de l’Ouest, ou encore Sinbad le Marin qui, malgré ses origines iraniennes a été évoqué par des personnes syriennes. Ce partage au Louvre a donné lieu à un travail de gravure ;

Cependant ce samedi, la restitution portait principalement sur la projection de deux films :

Le premier, intitulé “il faudra bien passer près des sirènes” qui fait se croiser des témoignages audio des personnes accueillies au service ASI et de personnes issues des immigrations polonaises et italiennes de la génération précédente. Moments forts:
Une dame irakienne lit un poème classique libanais, avec la traduction sur fond noir. La sobriété du dispositif, la musicalité de la langue et l’intensité des vers a constitué un moment particulièrement poignant, révélant la sensibilité de cette personne d’ordinaire réservée.
Également une personne kurde, archéologue dans son pays, raconte son histoire faite de discriminations et de ruptures tout en peignant à main levée une créature mythologique sumérienne durant un atelier. La distance induite par l’activité manuelle a pu lui permettre de se livrer et de nous faire partager son vécu.

Le second, fut la captation d’une pièce de théâtre jouée par des CM2, lisant alternativement les témoignages d’un homme irakien accueilli au CADA et d’une dame issue de l’immigration polonaise il y a plus de soixante ans, qui est restée sur le territoire du Pas-de-Calais. Très émouvant, le témoignage de cet homme a trouvé un écho particulier avec le témoignage de cette femme, par-delà les époques et les origines. Les migrations d’hier et les migrations d’aujourd’hui, bien que ne se faisant pas dans le même contexte ni pour les mêmes raisons, portent néanmoins les mêmes interrogations auxquelles nous sommes les seuls, individuellement, à pouvoir répondre : l’autre est-il différent ? Ce qui nous sépare est-il plus important que ce qui nous rassemble ?

Ces films ont eu le mérite de nous interroger sur ces points et d’y apporter, à travers la mise en évidence de l’humanité des participants par l’art, un bon début de réponse.