Le Journal du confiné

Malgré le confinement, les associations qui oeuvrent pour les personnes en difficultés sont sur le qui-vive alors que les périodes hivernales ont débuté. Les Restos du Coeur ont commencé leur campagne de distribution et le Plan Grand Froid a été déclenché par l’APSA.
 
Rendez-vous auprès des membres du SIAO (Service Intégré de l’Accueil et de l’Orientation). J’y rencontre Patrice et Léa, travailleurs sociaux, et Marion, cheffe de service du SIAO. Géré par l’APSA 62, le SIAO, qui intervient sur les territoires de la CALL et de la CAHC, accompagne les personnes en rupture d’hébergement effective ou qui le seront (expulsion locative, rupture conjugale, etc…) vers les dispositifs de droit commun (hébergement, logement). «Le travail du SIAO est d’être vigilant sur ces sujets-là, d’écouter, d’avoir un discours rassurant et de trouver des solutions concrètes que ce soit vers les dispositifs du SIAO ou des partenaires», explique Patrice, éducateur spécialisé au SIAO.
 
Pour cela, 3 équipes sont mobilisées. Elles correspondent à chaque étape du suivi d’une Sans Domicile Fixe : l’équipe 115 en charge des appels - des équipes de rues, qui vont à la rencontre des personnes ; soit par l’intermédiaire du 115, soit par des rendez-vous pris avec les personnes en difficulté - les équipes de diagnostics, qui évaluent plus en détails la situation afin de rediriger la personne vers des organismes partenaires ou vers les dispositifs d’hébergement ou de logement.
 
«Dans l’absolu, ce sont ces 3 étapes, or il est possible qu’une personne, rencontrée par les équipes de rues, ne souhaite pas être redirigée vers un dispositif d’aide, poursuit Patrice. Dans ce cas, l’équipe de rue effectue un suivi en se rendant régulièrement auprès d’elle.» C’est le cas de Marie (nous modifions son prénom pour garder l’anonymat). Avec Léa et Patrice, l’équipe de rue, nous sommes allés à sa rencontre. L’occasion pour elle d’obtenir un sachet de provisions et pour l’équipe, de prendre de ses nouvelles. «On est dans une situation compliquée. Cette dame était dans une structure d’hébergement, mais la situation ne lui convenait pas, elle a préféré retourner dans la rue auprès de son compagnon avec qui elle vit une relation toxique», annonce Léa. L’équipe travaille alors à lui trouver une solution.
 
Des solutions, il en existe pourtant. Depuis début novembre, le Plan Grand Froid (PGF) a été déclenché. Il permet ainsi aux SDF d’être mis à l’abri.
 
Dans un centre d’hébergement lensois, j’y rencontre un résident, Ludovic. En difficulté depuis Janvier 2020 et une séparation avec sa conjointe. Il a vécu, pendant le premier confinement, à l’hôtel, avec sa fille. Depuis, elle est en famille d’accueil et il a intégré le centre. «C’est pas une vie pour une petite de 8 ans de vivre ici, explique-t-il. Là, elle peut aller à l’école, faire ses devoirs tranquillement…». Mais la situation évolue, avec notamment l’accompagnement des équipes du centre d’hébergement, il a pu faire les démarches pour retrouver un logement, qu’il a déjà visité. Derrière, les bonnes nouvelles ne pourront que s’enchainer «Je retrouverai ma fille, je retrouverai un emploi, je suis content». «On essaye de les mettre dans les meilleures dispositions possibles pour qu’il puisse avancer», explique Slimane, éducateur au centre d’hébergement du PGF. Ludovic intervient «Sans vous, je n’y serai pas arrivé». Ceux à quoi l’éducateur lui répondra «C’est du 50-50, on t’a tendu la main, t’as décidé de la saisir, c’est grâce à ça qu’on a été plus loin. C’est toi qui t’es démené pour t’en sortir».